09 mai 2008
Le drame birman
On ne connait pas beaucoup la Birmanie. Sans doute parce que c'est un des pays parmi les plus fermés du monde et où la junte militaire ne laisse pas beaucoup d'informations filtrer. La Birmanie est au bord du Golfe du Bengale entre le Bangladesh et la Thaïlande et compte près de 50 millions d'habitants. Elle a acquis son indépendance du Royaume-Uni en 1948. La démocratie parlementaire ne résiste pas au coup d'Etat militaire du général Ne Win en 1962. Au pouvoir jusqu'en 1988, il impose des réformes socialistes sans pour autant se ranger dans le bloc soviétique. En 1988, des manifestations sont violemment réprimées par l'armée et Ne Win laisse le pouvoir à une nouvelle junte militaire. Sous la pression populaire, des élections libres sont organisées en 1990. La junte espère légitimer son pouvoir mais c'est le parti d'Aung San Suu Kyi, opposante démocrate, qui remporte largement le scrutin. Les élections sont annulées et depuis Aung San Suu Kyi est régulièrement emprisonnée ou mise en liberté surveillée. Elle reçoit le Prix Nobel de la Paix en 1991. L'année suivante Than Shwe devient chef d'Etat et l'est encore aujourd'hui. Il se débarrasse en 2004 du Premier ministre Khin Nyunt, un de ses rivaux jugés trop modérés. En interne, les luttes de pouvoir sont importantes notamment avec Maung Aye, chef des armées et numéro 2 du régime. En 2005, la junte décide brutalement de transférer la capitale dans une ville nouvelle où les généraux vivent retranchés. En septembre 2007 de nouvelles manifestations sont réprimées. La dictature est donc dirigée d'une main de fer par Than Shwe qu'il est la réincarnation d'un roi. Quasiment paranoïaque, il se voit des ennemis partout et se fie beaucoup à l'astrologie. Il n'a pas hésité à faire tirer sur les manifestants en 1998 et en 2007 et a maintenu les universités fermées pendant 11 ans. Atteint d'un cancer du pancréas et de diabète, il aurait des moments d'absence et de démence. Le régime repose sur l'armée qui compte 400 000 hommes et qui contrôle tout. Elle utilise couramment le travail forcé et ne respecte pas les libertés fondamentales. La télévision diffuse en boucle la propagande de la junte et l'accès à internet est réservé à l'armée et aux entreprises. L'industrie est peu développée mais la production d'opium abondante. 
Le cyclone Nargis a touché ce pays il y a quelques jours. Les autorités parlent de 23000 morts mais les observateurs internationaux avancent le chiffre de 100 000 victimes. Le cyclone ayant tout balayé sur son passage il y aurait 1,5 millions de sinistrés. La junte entend gérer seule l'aide internationale. Elle restreint l'accès des journalistes et des humanitaires au pays. La télévision montre des images de soldats distribuant des vivres mais en réalité ils sont bien peu nombreux à aider les victimes et détournent l'aide pour leur famille. Le referendum de demain sur la nouvelle Constitution est maintenu. Il doit permettre la tenue d'élections multipartites en 2010 et le transfert du pouvoir aux civils. Mais l'opposition y voit un moyen pour l'armée de conserver le pouvoir, à travers l'association du développement et de la solidarité. Dirigée depuis 1993 par Than Shwe, elle regroupe 15 à 18 millions d'adhérents.
09 février 2008
La France ratifie le traité de Lisbonne
Par 265 voix contre 42 et 13 abstentions, le Sénat a donné dans la nuit de jeudi à vendredi son feu vert à la ratification du traité européen de Lisbonne, presque trois ans après le «non» français au référendum sur le traité constitutionnel européen. Quelques heures auparavant, l'Assemblée avait voté le texte par 336 voix contre 52.
Les députés et sénateurs UMP ont voté oui dans leur quasi-totalité, tandis que les parlementaires socialistes, divisés, ont finalement été une majorité à apporter leur voix à l'adoption du texte. Les communistes ont quant à eux été unis sur le non. Le traité est désormais ouvert à la ratification par le chef de l'Etat ou le premier ministre.
Les quelques souverainistes de droite ont fait à l'Assemblée un dernier baroud d'honneur, en présentant une motion d'ajournement - rejetée - et en fustigeant «l'abandon de la souveraineté de la Nation». Quant au PS, son porte-parole à l'Assemblée, André Vallini, a estimé que c'était «la fin du chemin de croix» du parti, divisé sur cette question depuis le référendum de 2005.
Quelques personnalités socialistes qui avaient soutenu le «non» en 2005 ont choisi de s'abstenir, comme Laurent Fabius, ou de voter contre, comme Henri Emmanuelli ou Jean-Luc Mélenchon.
Un traité qui «donne à l'UE les moyens de ses ambitions»
«C'est un grand succès. Toute la diversité s'est exprimée. Et nous avons besoin de cette diversité pour la construction de l'Europe», s'est félicité Bernard Kouchner, estimant qu'en «autorisant la ratification du traité de Lisbonne, nous donnons ainsi le signal que l'Europe attend de la France».
François Fillon a quant à lui salué l'adoption «à une large majorité» du texte par le parlement, et rappelé «l'engagement déterminant du président de la République, Nicolas Sarkozy» et de la chancelière allemande Angela Merkel pour faire passer ce traité au niveau européen.
Et le premier ministre de détailler : «ce nouveau traité donne à l'Union européenne les moyens de ses ambitions: un processus de décision qui permettra d'éviter le blocage et qui est plus démocratique; une charte des droits fondamentaux qui devient juridiquement contraignante; un président du conseil européen stable; un haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité qui disposera enfin de moyens adaptés; un cadre ambitieux pour la politique européenne de défense, ainsi que des compétences étendues aux politiques d'avenir telles que l'énergie ou le spatial».
Outre la France, quatre pays sur 27, ont déjà ratifié le texte : la Hongrie, la Slovénie, Malte et la Roumanie. La Slovaquie s'apprête à le faire.
Source : Lefigaro.fr
11 décembre 2007
Difficile Diplomatie...
"Je n'adhère pas à cette realpolitik qui voudrait qu'au nom d'intérêts économiques supérieurs, on devrait oublier ses principes. Au premier rang de ceux ci se trouve le respect des droits de l'Homme." [...] " On ne peut pas mettre sur le même plan nos intérêts économiques et le respect de valeurs universelles".
N.Sarkozy, Témoignage, 2006.
Ce discours, le Chef de l'Etat l'a répété à maintes reprises pendant sa campagne et une fois élu, notamment à propos de la "Françafrique".
Aujourd'hui, il ne décolère pas contre "les naïfs" et les "donneurs de leçon" qui expriment leur mécontentement à propos de la visite du Colonel Kadhafi. Critiques habituelles de l'opposition mais aussi critiques de certains membres de la majorité et du Gouvernement. Rama Yade, secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, ne digère pas la venue du "Guide" à la même date que la journée internationale des droits de l'Homme. Ces propos dans Le Parisien lui ont valu une convocation à l'Elysée pour "une grosse explication". Le symbole de cette nomination était pourtant beau. Mais après quelques mois, il semblerait que celà n'était qu'un coup de com'. Rama Yade fut oubliée pour les voyages en Russie et en Chine. Aux USA, elle était de la sortie mais pas un mot sur Guantanamo.
Ainsi, il semble bien que Sarkozy se soit résigné à la realpolitik. On ne peut pas lui en faire le reproche. Si la France devait parlé uniquement à des pays démocratiques, nous ne parlerions pas à grande monde à l'extérieur de l'Union européenne. Notre diplomatie doit accompagner le processus d'ouverture des pays qui décident d'évoluer, comme la Libye qui aujourd'hui coopère à la lutte anti-terroriste. Mais comme dans tous les domaines politiques, il faut de la mesure et du dosage. Or, celà Sarkozy ne connait pas. La libération des infirmières bulgares justifiait son voyage à Tripoli mais peut être pas la visite de Kadhafi en France. Et encore moins pour 5 jours, avec les honneurs de la Garde Républicaine et la réception à l'Assemblée nationale. Le Président a donc raison de tendre la main, pour inciter à la démocratisation et défendre nos intérêts économiques. Cependant, il ne doit pas tomber dans le cynisme au point de déclarer à Kadhafi "je suis très heureux de vous accueillir en France" et de téléphoner à Poutine pour le féliciter pour les résultats des dernières législatives russes. Bien que les leçons de morale sur les Droits de l'Homme peuvent faire fuire la clientèle, la France ne peut s'éxonérer de son rôle qui lui donne une place si particulière sur la scène internationale. Et tant pis si on y perd quelques Rafales...
23 octobre 2007
La question des institutions de l'Union européenne enfin réglée
Depuis le passage de l'Europe des 15 à celle des 25, le problème des institutions prévues pour six pays est récurrent. Après quelques rustines, on a tenté de faire un grand bond en avant avec le TCE. C'était sans compter sur les craintes et les conservatismes qui ont fait chuté le traité, comme en France et aux Pays Bas. L'idée de Nicolas Sarkozy de réécrire un traité portant uniquement sur les institutions pour en désembourber l'UE a fonctionné. Ses efforts, conjugués à ceux d'Angela Merkel et José Socrates, Premier ministre portugais actuellement président de l'Union, ont abouti à la rédaction d'un traité qui clarifie et fluidifie les institutions. Voici les principales dispositions de ce traité de Lisbonne qui contrairement au TCE ne remplace pas les traités antérieurs mais les amende :
Le vote. À partir de 2014, une décision sera adoptée au Conseil si elle
obtient le soutien de 55 % des États membres représentant 65 % de la population
de l'Union. Ainsi, contrairement à aujourd'hui, l'Allemagne aura plus de poids au Conseil que la France. Du
1er novembre 2014 au 31 mars 2017, un État membre pourra continuer à
demander l'application du système actuel. À partir de 2017, un groupe d'États
minoritaire pourra, durant un « délai raisonnable », s'opposer à la mise
en oeuvre d'un accord qui ne lui conviendrait pas et demander la poursuite des
négociations. À la demande des Polonais, cette disposition - qui s'apparente à
un droit de veto - sera intégrée dans un protocole annexé au traité. Elle ne
pourra pas être remise en cause sans un vote à l'unanimité.
Le champ de la majorité qualifiée.
Il est étendu à une quarantaine de domaines, principalement la coopération
judiciaire pénale et policière. Le Royaume-Uni et l'Irlande gardent la liberté
de ne pas participer à l'élaboration de nouvelles politiques communes (relatives
par exemple à l'évolution de l'espace Schengen).
En outre, Londres ne pourra
pas être poursuivi par la Cour de justice européenne, si la capitale décidait de
ne pas appliquer le droit communautaire existant en matière de justice et
d'affaires intérieures.
L'unanimité demeure la règle pour la politique
étrangère, la fiscalité ou la politique sociale.
Les références symboliques. Même
si la devise, le drapeau et l'hymne européen disparaissent du traité, ils
continuent, dans les faits, à exister. Toujours dans le souci de ne pas effaroucher les eurosceptiques, la référence à une Constitution disparait.
Un président stable. Le président
du Conseil européen sera élu par ses pairs pour deux ans et demi. Il sera mis
fin à l'actuelle rotation semestrielle par pays.
La Commission européenne. Elle
comptera, à partir de 2014, un nombre de commissaires égal à deux tiers du
nombre d'États membres, contre un commissaire par État membre actuellement. Les
pays seront représentés sur la base d'une « rotation égalitaire ».
Un haut représentant pour la Politique
étrangère et la Sécurité. Nommé, il sera aussi vice-président de la
commission.
L'Eurogroupe : la réunion des ministres de l'Economie et des Finances était jusqu'à présent informelle, elle devient maintenant institutionnalisée. Cela renforcera le poids de l'Eurogroupe face à la puissante BCE.
La Charte des droits fondamentaux, 54 articles conférant des droits civils, politiques, économiques et sociaux aux citoyens, va acquérir une force juridique contraignante. Mais Londres et, en partie, Varsovie restent libres de ne pas l'appliquer.
Les Parlements nationaux. Ils
pourront demander à la Commission européenne de réexaminer une proposition s'ils
jugent qu'elle empiète trop sur les compétences nationales.
Le traité de Lisbonne devra être ratifié par les pays membres avant le 1er janvier 2009. Ces problèmes institutionnels résolus, l'UE va pouvoir se tourner vers ses projets politiques. De nombreux textes législatifs sont "dans les tuyaux" : immigration, terrorisme, marché intérieur, réchauffement climatique...etc. Néanmoins, d'importants désaccords demeurent sur l'opportunité d'un nouvel élrgissement, notamment à la Turquie, et sur le choix entre proteccionisme ou libre échange.
Concernant la France, Nicolas Sarkozy veut faire ratifier le traité par voie parlementaire dès décembre prochain. Il souhaite que pendant la présidence française de l'Union au second semestre 2008, l'opinion publique se réconcilie avec l'UE grace à des initiatives en matières d'immigration, d'énergie et d'environnement. En attendant, il ne boude pas son plaisir. Trouvant l'UMP peu bavarde sur le sujet, il a lui même convoqué un bureau politique du parti qu'il a présidé. Contredisant ses déclarations sur sa non-appartenance à un clan ou à un parti, il rompt ainsi encore un peu plus avec la tradition d'inspiration gaulliste d'un Président arbitre, au-dessus des partis. En effet, cette tâche aurait pu être rempli correctement par le Premier ministre, normalement chef de la majorité parlementaire.
25 septembre 2007
Sarkozy dans les pas de Chirac?
C'est une bonne nouvelle, Nicolas Sarkozy reprend des thèmes diplomatiques auparavant défendus avec ardeur et convictions par Jacques Chirac.
Lors de son discours à l'Assemblée Générale des Nations-Unies, le Président français a appellé tous les Etats à se réunir pour fonder le nouvel ordre mondial du XXIème siècle. Passé cette formule fanfaronnante, Sarkozy a rendu hommage à l'ONU qui a permi de "mettre un terme à des conflits qui paraissaient sans solution".
Mais le plus interessant vient après, quand le chef de l'Etat évoque "les problèmes du monde qu'il faut résoudre à l'échelle planétaire". Il fait référence à différentes menaces, notamment celle du réchauffement climatique et du choc des civilisations, thèmes chers à son prédécesseur. Martelant qu'il était temps d'agir, Sarkozy a lancé un appel solennel à l’ONU pour un "new deal écologique et économique", fondé sur "l’idée que les biens communs de l’humanité doivent être placés sous la responsabilité de l’humanité toute entière". Ainsi, et je m'en réjouis, Sarkozy aurait hérité de Chirac la conscience qu'il fallait agir pour éviter une catastrophe écologique et un choc des civilisations. Cela rattrape d'autres actions diplomatiques plus hasardeuses. Enfin, j'espère que la France ne se contentera pas de donner des leçons mais qu'elle prendra des mesures fortes au moment du Grenelle de l'Environnement. Et que l'on ne me parle pas d'une réduction de la vitesse de 10km/h !!!
16 septembre 2007
Sarkozy agace l'Eurogroupe et la BCE
Depuis la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy multiplie les critiques à l'encontre de la politique économique et monétaire de l'Union Européenne. Au banc des accusés : la Banque Centrale Européenne (BCE) et l'EuroGroupe. La BCE est politiquement indépendante depuis Maastricht. C'est la banque centrale qui gère l'€uro et doit éviter l'inflation en décidant des taux d'intérêt. Certains militent pour que la BCE agisse aussi en faveur de la croissance et de l'emploi. L'Eurogroupe rassemble les ministres des Finances de la zone €uro.
Le problème qui se pose concernant la monnaie est le niveau élevé de l'€uro par rapport au Yuan chinois et au Dollar US. Les français, et Sarkozy en tête, se plaignent de cet euro fort qui rend nos exportations moins compétitives. Toutefois, nos importations, notamment le pétrole, nous reviennent moins chères. Comme d'habitude, les gouvernants français se cachent derrière l'UE pour masquer leur incompétence et expliquer le déficit commercial français qui atteint des abysses. Sauf que l'Allemagne, avec la même monnaie, connait elle un excédent commercial record et reste en tête des pays exportateurs. Par ailleurs, la crise du crédit immobilier américain a amené la BCE a injecter massivement des liquidités sur le marché monétaire pour éviter au système bancaire de s'effondrer.
Et voila que Sarkozy, alors que l'EuroGroupe se réunissait à Porto, déclare : "j’ai trouvé curieux d’injecter des liquidités sans baisser les taux ". Pour le chef de l’État, "on a fait des facilités pour les spéculateurs, on complique la tâche pour les entrepreneurs". Trichet, gouverneur de la BCE, s'est dit surpris alors qu'il a eu Sarkozy au téléphone durant cette crise. Ce qui a frappé tout le monde à Porto, c’est l’incroyable amateurisme de Sarkozy qui ne semble pas savoir de quoi il parle. Ainsi, les centaines de milliards d’euros de prêts à très court terme accordés aux banques par la BCE ont déjà été récupérés et n’avaient pour objet que d’éviter l’implosion du système bancaire, qui aurait nuit gravement à l’ensemble de l’économie, et non d’aider les « spéculateurs ». Trichet l’a souligné : « le monde entier sait que nous avons lutté contre la spéculation et les spéculateurs ». La BCE avait aussi décider de ne pas remonter ses taux, contrairement à ce qui était prévu. Sarkozy s'en était félicité et avait dit que c'était sous son influence. Trichet a donc ironisé sur ce changement de ton. Par ailleurs, les allemands, très attachés à l'indépendance de la BCE et très rigoureux sur la monnaie, ont répondu par la voix du gouverneur de la Bundesbank " le degré de nouveauté des propos du Président est nul, leur influence sur les décisions de la BCE l’est aussi ".
Mais ce qui a encore plus surpris les 26 ce sont les critiques sur Jean Claude Junker, Premier ministre luxembourgeois et Président de l'EuroGroupe. Pourtant proche de lui, Sarkozy a demandé : "Quelle initiative a prise Juncker?"... Laissant penser que Juncker était rester les bras ballants. Avec humour, Juncker s’est gentiment moqué de son homologue : "je ne commente pas les propos en l’air. Ils ont bien été tenus dans un avion, non ?" Et, montrant ses magnifiques bretelles : "je les ai mises pour me les faire remonter par Sarkozy", s’est-il esclaffé devant quelques journalistes.
Les 26 ont donc fait bloc derrière les deux Jean Claude. Les réactions fusent contre Sarkozy : irresponsable pour les uns, d'autres se demandent s'il n'a pas un agenda caché pour faire exploser l'€uro. D'autres restent bouche bée quand le Président français affirme qu'une baisse de 0.5 point de croissance n'est pas grave ...quand on vise les 3% !
Résultat des courses : la Présidence a dû nuancer les propos de Sarkozy devant le tollé qu'ils ont suscité. La France est apparue isolée, ce qui pénalise notre leadership et risque de plomber le projet de mini-traité. Visiblement, le style de Sarkozy ne plaît pas. Il devrait comprendre qu'on ne fait pas de la diplomatie comme on mène une campagne électorale. Enfin, la ministre des finances est une nouvelle fois en porte à faux. Anonymement, un membre du conseil EcoFin a constaté : "Un ministre des Finances doit se faire l'intermédiaire entre son propre gouvernement et ses partenaires européens. Or, ici, comme tout vient de l'Élysée, Christine Lagarde n'a aucune marge de manoeuvre. Elle est coincée. "
13 juillet 2007
Tintin au Congo interdit aux mineurs en Grande Bretagne
L'album "Tintin au Congo" d'Hergé vient d'être interdit aux mineurs et classé dans les BD adultes, comme un vulgaire magazine porno.
Motif : la CRE, commission pour l'égalité raciale, a jugé que l'album suggérait que les noirs étaient inférieurs aux blancs. C'est David Enright, un avocat sans doute en mal de reconnaissance, qui a saisi la CRE. Pour lui, «Tintin au Congo» laisse à penser que les Africains sont de sous-humains, que ce sont des imbéciles, à moitié sauvages».
Cette vision correspond à celle des années 1930 quand Hergé a écrit l'album. Il avait reconnu que celui-ci constituait "un péché de jeunesse".
Autant il est normal que l'on lutte contre les discriminations, autant il ne faut pas pour autant vouloir tout aseptiser, y compris les grandes oeuvres culturelles. L'album a été écrit dans un autre contexte, les Belges colonisaient le Congo, et comme tous les albums la caricature est de mise. Avec cette logique, on peut tout interdire, tels que les Lucky Luke qui montrent les indiens comme des sauvages adeptes de "l'eau de feu". A noter que cette série a elle aussi été épuré : les blanchisseurs chinois et les mexicains endormis ont disparu au fil des albums.
A vouloir mettre tout le monde sur un pied d'égalité, on se dirige vers un monde uniforme, sans relief, sans diversité culturelle, sans caricature...un peu de liberté et d'équilibre !
25 juin 2007
Kouchner se démène pour le Darfour
Tout commence en février 2003 dans la province soudanaise du Darfour, une région aussi vaste que la France. Deux mouvements rebelles exigent un meilleur partage du pouvoir et des richesses. Le gouvernement central de Khartoum refuse. Dès l'été, des milices arabes, dites Djandjawids, commencent à commettre des massacres dans le Darfour nord. Elles sont armées avec de l'équipement chinois flambant neuf et agissent avec le soutien plus ou moins visible des autorités. Certaines images des rares reportages tournés dans la région montrent que l'armée régulière soudanaise accompagne parfois les Djandjawids. Ces véritables escadrons de la mort pillent, violent et tuent. Les résolutions de l'ONU et le déploiement de 7000 militaires de l'Union africaine n'y font rien. Les massacres continuent.
Le Président du Soudan, Omar El Bechir, feint de voir dans ce conflit un simple problème ethnique. Son gouvernement reconnait 9 000 morts alors que l'ONU en dénombre 200 000. Au génocide s'ajoute une crise humanitaire. Les habitants du Darfour terrorisés s'enfuient vers le Tchad voisin. Le Haut Commissariat aux Réfugiés de l'ONU y a installé des camps. Ils accueillent plus de 2 millions de réfugiés qui ont perdu leurs biens et très souvent une partie de leur famille. Les Djandjawids font parfois des incursions en territoire tchadien et tentent de s'allier avec des groupes rebelles du Tchad.
Lors du dernier sommet France Afrique, Jacques Chirac a obtenu du Soudan qu'il cesse de soutenir les rebelles tchadiens. Mais le résultat se fait attendre sur le terrain. A l'initiative de la France, un pont aérien a été mis en place pour acheminer des vivres aux réfugiés. Bernard Kouchner s'est rendu sur place en juin 2007 mais le Soudan a rejetté sa proposition d'une conférence internationale à Paris. Celle ci s'ouvre pourtant aujourd'hui...sans le Soudan qui la juge "inopportune". Néanmoins, deux soutiens de poids viennent appuyer la diplomatie française. Condoleezza Rice, la secrétaire d'Etat américaine, est présente et félicite le Quai d'Orsay pour "son énergie". Egalement présent, un représentant de la Chine. Alors que l'appel à un boycott des JO de Pékin commence à trouver de l'écho, la Chine fait évoluer sa position. Elle qui fournissait des armes aux soudanais et protégait le régime d'El Bechir, pourrait maintenant faire pression sur lui en le menacant de diminuer ses conséquentes importations de pétrole. Khartoum a fait une première concession en juin, après d'âpres négociations, en acceptant qu'une force hybride ONU-Union Africaine de 20 000 hommes soit déployée au Darfour. Mais on est encore loin de la paix et la situtation risque à tout moment de s'embraser dans un conflit entre le Tchad, le Soudan et leurs insurgés. Seule la communauté internationale peut peser pour mettre un terme à ce conflit reconnu par Bush comme un génocide. Nicolas Sarkozy et son ministre des Affaires Etrangères sont déterminés à y parvenir et bénéficient du soutien de Washington. Espérons que la conférence internationale de Paris, la première sur la sujet, débouche sur quelque chose.
23 juin 2007
Grace à Sarkozy, Merkel arrache un accord sur le traité simplifié
"Nous sortons du blocage" a déclaré Angela Merkel. La présidente de l'Union Européenne a réussi à convaincre les 26 autres Etats de rédiger un traité simplifié. Cette idée a été porté par Nicolas Sarkozy depuis plus d'un an. Elle permet de relancer l'Europe après le blocage consécutif au refus français et néerlandais au projet de Constitution. Contrairement eu TCE, le mini traité ne se substitue pas aux traités précédents mais les amende.
Les 27 se sont donc mis d'accord sur un Haut représentant de l'UE pour la politique étrangère et la sécurité. La formule "ministre des Affaires Etrangères" était trop forte même si il s'agit d'une mission similaire. Il sera vice président de la Commission et coordonera la politique étrangère des 27.
La charte des Droits fondamentaux est invincée du texte mais un article y fera référence en maintenant son caractère contraignant.
Un président du Conseil Européen sera élu par ses pairs pour deux ans et demi. Ce système verra le jour en 2009, mettant fin à la rotation semestrielle.
La Commission Européenne comptera en 2014 un nombre de commissaires équivalent aux deux tiers du nombre de pays. Le "un commissaire par pays" sera remplacé par une rotation égalitaire.
En outre, et c'est le point qui a fait le plus débat, le mode de votation est modifié. Les jumeaux polonais Kaczynski ont obtenu le maintien du système actuel jusqu'en 2014. A cette date, la majorité qualifiée comprendra 55% des Etats membres qui devront représenter 65% de la population. Une quarantaine de nouveaux domaines seront votés à cette majorité qualifiée. Mais la fiscalité, la révision des traités, la politique sociale et étrangère restent soumises au vote à l'unanimité.
Nicolas Sarkozy, chargé par la chancelière allemande de convaincre les polonais, a donc pris une part importante dans la conclusion de cet accord. Pour rassurer les tenants du NON français, il a obtenu la suppression de la formule "concurrence libre et non faussée" qui devient un moyen et non plus une fin en soi.
20 juin 2007
Sarkozy dément son ébriété au G8
Sarkozy ivre au G8
Vidéo envoyée par LesInsoumis
Dans des propos rapportés par Le Parisien/Aujourd'hui en France, le président donne sa version: «J'étais en retard, j'ai donc monté les escaliers quatre à quatre. Je n'avais rien de particulier à dire. J'ai donc demandé s'il y avait des questions. Je ne bois pas une goutte d'alcool. Je n'ai pas de mérite : je n'aime pas cela».
Le Président n'aurait vu la fameuse vidéo circulant sur Internet que lundi, alors même qu'elle a déjà été regardé 15 millions de fois. Cécilia et deux de leurs enfants étaient hilares en visionnant cette prestation.
PS : voila un article court !!


