23 mai 2008
Après le faux SMS à Cécilia, le Nouvel Obs récidive.
Sarkozy, le Nouvel Observateur et les « connards »
Dans le Nouvel Observateur paru jeudi dernier, la rubrique « Téléphone Rouge », composée d’informations plus ou moins « confidentielles », s’ouvre sur la nouvelle suivante :
« Les nouveaux connards de Sarkozy.
Nicolas Sarkozy a toujours autant de mal à se faire au style présidentiel. “Putain les mecs, il fait chaud, on se fout sur la terrasse !”, a-t-il lancé, lundi 5 mai, à quelques journalistes spécialistes des questions européennes qu’il avait invité pour une rencontre informelle à l’Elysée. L’entretien s’est déroulé dans la bonne humeur jusqu’à ce qu’un des reporters s’avise d’interroger Sarkozy sur sa pusillanimité à propos des droits de l’homme en Tunisie. Réponse du président : « Rien à foutre, de toute manière, ce ne sont que des connards qui posent des questions à la con… ” ».
Spectaculaire, mais totalement faux. Je le sais, comme mes confrères en poste à Bruxelles le savent, puisque j’étais présent. Et je peux vous affirmer que jamais le Président n’a tenu de tels propos. En le disant, je brise le « off » dont nous étions convenu avec l’Élysée. Mais comment rester muet devant un tel mensonge qui nuit à toute la profession : d’une part parce que celui qui a parlé (ou qui a parlé à quelqu’un qui a parlé) a violé le « off », mais surtout parce qu’il a raconté n’importe quoi. C’est exactement de la même eau que le soi-disant SMS envoyé par Nicolas Sarkozy à son ex-femme (« si tu reviens, j’annule tout »).
Cette rencontre avec le chef de l’État, qui a duré deux heures (au lieu
d’une heure prévue), s’est
effectivement déroulée dans une ambiance
détendue. L’Élysée avait invité une quinzaine de journalistes français
spécialiste des questions européennes (presse écrite, télévision,
radio, agences) ainsi qu’un confrère italien de l’Agence Europe afin de
faire le point avant le début de la présidence française de l’Union.
Mais personne du Nouvel Observateur n'était présent, l’hebdomadaire
n’ayant pas de correspondant à Bruxelles. Le Président n’a pas été
langue de bois, comme je l’ai raconté ici et il n’a jamais été méprisant à l’égard des journalistes. Il a juste dit du mal des journalistes politiques qui lui posent "toujours les mêmes questions quelque soit l’endroit où il se trouve dans le monde". Il nous a même complimentés, ce que nous avons pris avec des pincettes : « vous, vous connaissez votre sujet et il vous passionne. Vous posez des questions de fond ».
La réunion devait se dérouler dans un salon (photo ci-dessus): trois fauteuils (l’une pour lui, les autres pour son conseiller diplomatique et son conseiller pour les affaires européennes) faisant face à une vingtaine de fauteuils. Mais il faisait beau. Le Président s’est amusé : « je ne suis pas contre la distance présidentielle, mais là, quand même, c’est trop. Cette maladie de faire des trucs tristes. Ca manque de convivialité. Et si on se mettait dehors, êtes-vous d’accord ? » Aussitôt dit, aussitôt fait. Mais nul « putain les mecs » ou alors mes confrères et moi-même sommes devenus brutalement sourds. Une fois dehors, un huissier lui apporte ses Ray Ban. Il voit notre regard: "je sais, ça fait bling bling", s'amuse-t-il.
Sur la Tunisie, Sarkozy a défendu sa position avec passion, expliquant
que Ben Ali n’était sans doute pas le plus grand des démocrates, mais
que grâce à lui le pays n’avait pas versé dans l’islamisme radical, que
les femmes n’étaient pas voilées et faisaient des études. « Il faut comparer avec ce qui se passe dans la région ». Un long plaidoyer passionné qu’il a conclu par un ironique : « je ne m’énerve pas, j’explique », reprise de la « une » de Libé au lendemain de sa dernière intervention télévisée.
Ce qui m’a le plus frappé, c’est le fait que, contrairement à Jacques Chirac, Sarkozy a toujours mis en avant l’intérêt européen et a évité de parler de l’intérêt de la France. Une véritable rupture, de ce point de vue. À plusieurs reprises, il a trouvé des accents mitterrandiens. Par exemple, sur le paquet « lutte contre le changement climatique » : « il faut prendre ce paquet tel qu’il est, même s’il ne fait pas les affaires de la France. Si on commence à entrer dans une négociation point par point, c’est fini ». Et il n’a pas conclu par : « putain, vous avez compris les connards » ? Je sais, c’est décevant et ça ne sera pas dans le Nouvel Obs.
(photos: JQ, preuve que j'y étais, moi ;-))
Source : blog de Jean Quatremer, correspondant de Libération à Bruxelles
22 mai 2008
La visite de Nicolas Sarkozy à Orléans et Olivet

Un petit mot la visite du Chef de l'Etat.
Une fois à l'intérieur du Zénith nous avons longuement patienté, avec mes collègues d'Olivet, avant l'arrivée du Chef de l'Etat. Il visitait alors "WireCom Technologies", une entreprise OLIVETAINE et pas orléanaise comme il l'a dit après, située au Parc du Moulin et dont les locaux flambant neuf sont à l'avant garde de ce qui se fait en matière de développement durable. C'était en effet le sujet du jour. Accompagné de Christine Lagarde et de Nathalie Kosciusko Morizet, il s'est longuement exprimé sur la concrétisation du Grenelle dont il a souligné l'originalité dans la démarche. Pour lui, le fait que beaucoup demandent un Grenelle pour d'autres secteurs, comme l'insertion, est un signe de réussite.
Le Président a commencé par citer les bons résultats du bonus-malus. Les 6 modèles de voitures les plus vendus actuellement donnent tous droit au bonus. Au contraire, celles qui engendrent un malus voient leurs ventes baissées fortement.
Nicolas Sarkozy a surtout voulu "positiver" le développement durable en mettant en avant la croissance et les 500 000 emplois qui en découleront. Se défendant d'être colbertiste, il a défendu le rôle d'impulsion de l'Etat dans la politique économique en rappelant son action en faveur d'Alstom. Citant la ligne B du tramway orléanais, il a assuré que l'Etat apportera de nouveaux financements aux transports collectifs. Il en a profité pour taper du poids sur la table s'agissant de la vétusté des lignes de RER. Prenant la défense "des millions de passagers qui assistent impuissants aux oppositions stériles et à la vétusté du matériel", il a annoncé que l'Etat reprendrait la main si la décentralisation se révèlait impuissante.
Autre cible : les pays qui refuseraient un accord sur une baisse chiffrée des émissions de gaz à effet de serre. Une barrière douanière envers ces pays serait alors instaurée aux portes de l'Union Européenne qui elle se fixe des objectifs ambitieux.
Par ailleurs, il est revenu sur la question des OGM en stigmatisant la position des socialistes et en insistant sur sa responsabilité de Chef de l'Etat par rapport aux engagements européens. En effet, les instances communautaires auraient menacé la France d'une amende de 300 000€ par jour de retard si elle ne transposait pas en droit français la directive de 2001 sur les OGM que le gouvernement Jospin avait accepté mais qu'il n'avait pas transposé.
Sur la forme, Sarkozy se dandine toujours autant, nerveux au point de buter sur certains mots. D'où j'étais j'ai pu constaté que ses chaussures avaient des talons assez hauts. Mais pour revenir sur le fond, je suis sorti satisfait du Zénith car loin d'un discours ultra-libéral, Sarkozy a incarné le volontarisme de l'Etat pour être au rendez-vous des enjeux environnementaux. Espérons que les paroles se traduiront en actes. Nous verrons bien avec les futures lois Grenelle I et II...
Nicolas Sarkozy s'est ensuite rendu au Centre Culturel d'Yvremont à Olivet pour y rencontrer les adhérents UMP. Il y a prononcé sans notes un discours sur sa politique. Revenant sur ses scores électoraux, il s'est félicité d'avoir détruit le FN. Il a défendu l'ouverture et le rassemblement, nécessaire pour réformer, ce que Serge Grouard s'est empressé d'applaudir. Il a défendu la désignation par les militants des têtes de liste aux régionales. Sarkozy a justifié son exposition car contrairement au septennat, le quinquennat assure sur 5 ans une majorité parlementaire. Il a également dit que même quand il ne parlait pas la presse venait le trouver et que après tout il préférait être au volant qu'à la place du mort. Fillon appréciera sans doute. Je me suis gardé d'applaudir quand il a évoqué son intervention auprès du Premier président de la Cour de Cassation sur l'application de la loi sur la rétention de sûreté. Avec un peu de politique à l'émotion il arrive à faire applaudir une violation de 2 articles constitutionnels..trop fort ce Sarko. Sur la forme, il a beaucoup apprécié cette rencontre avec les militants et était détendu au point de ne plus vraiment apparaitre comme le Chef de l'Etat. Certains qui l'ont vu de près l'ont trouvé très marqué.
Voila ce que j'ai retenu de cette visite présidentielle.
11 avril 2008
Des nouvelles de Jacques Chirac
L'ancien Président est actuellement hospitalisé à la Pitié Salpetrière où il s'est fait posé un "pace-maker". Cette opération, qui s'est bien déroulée, était prévue à la suite d'un examen de routine.
Agé de 75 ans, l'ancien locataire de l'Elysée se consacre actuellement à sa Fondation, comme le relate un portrait du Figaro de décembre dernier :
Il salue toujours de la même façon. La main droite tendue à l'extrême, comme en extension. Sourit. S'empare des mains qu'on lui tend, avec une préférence pour ceux qui paraissent à ses yeux comme les plus déshérités, les plus faibles. Au musée de Bamako, il s'accroupit pour embrasser une Malienne presque lilliputienne. À Mopti, il serre les mains des enfants qui l'accueillent. Il remercie sans cesse. Semble se repaître de ces signes d'affection que les Africains lui prodiguent sans compter. Comme si, à l'instar du soleil brûlant malien, ces effusions, plus ou moins spontanées, lui réchauffaient le cœur et le corps. Comme si elles lui faisaient du bien à l'âme, donnant l'impression fugace que le temps s'est arrêté. Qu'il est toujours président en exercice. Comme si…
Vendredi dernier, à Bandiagara, en plein pays dogon, installé sous une tente, sur terre battue, à côté de son ami François Pinault, «son excellence monsieur le président Jacques Chirac» joue toujours le même rôle. La même partition. Mécaniquement. Sympa, chaleureux. S'extasiant devant la beauté des cadeaux qu'il reçoit. Faussement familier. Fidèle à l'image qu'il a toujours renvoyée de bon vivant. Ou s'efforçant de faire comme si. Lors de son premier voyage en Afrique en tant que président de sa fondation, Jacques Chirac n'était ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre. En apparence, vu de loin, un étranger de passage aurait pu croire que l'on accueillait un chef d'État en exercice. Tapis rouge, haie d'honneur, présence du président malien, Amadou Toumani Touré, «ATT», banderoles d'une baroque Association des Amis de Jacques Chirac, tout y était. Si ce n'est que, quelques semaines auparavant, c'est Brice Hortefeux qui avait été accueilli avec les honneurs dans le pays. Tout y était, sauf que l'on précise à l'ambassade de France au Mali que le président malien «aime beaucoup Sarkozy, aussi».
«Pour moi, papa est fatigué»
Le même, Jacques Chirac ? Pas tout à fait cependant. Le conquérant a vieilli et ne cherche plus à le cacher. Cela se voit à de petits détails. Lui qui était obsédé à l'Élysée par le souci de «faire jeune» ne se préoccupe plus de son image, laissant par exemple les photographes fixer un sourire dévoilant une dentition incomplète. Il est là et, en même temps, un peu ailleurs. À parfois l'air un peu emprunté quand il se trouve entouré de près, presque cerné par des danseurs ondulant au son des tam-tams. Tend un peu l'oreille quand il participe à une table ronde sur la lutte contre le sida et le paludisme. Le chef du protocole malien veut le ménager, arguant en des termes peu diplomatiques : «Pour moi, papa est fatigué.» Autre métamorphose : l'ancien hôte de l'Élysée affiche désormais sans complexe son amitié avec le milliardaire François Pinault, qui lui a prêté son Falcon pour le voyage. Ses conseillers ne traquent plus comme avant ce qui pourrait apparaître comme des signes extérieurs de richesse. On a même vu, symbole minuscule et en même temps tellement parlant de ce changement, de vieilles malles Vuitton (un comble dans un avion prêté par le grand concurrent de Bernard Arnault) sortir de l'avion à Bamako.
Débarrassé des entraves qu'on lui imposait et qu'il s'imposait lui-même, Jacques Chirac pourrait siffloter «Il est libre, Max». Oui, sur le papier, il est libre. Libre de ses paroles, libre de voyager où il veut, avec qui il veut. Loin des regards mi-inquisiteurs mi-apitoyés des observateurs parisiens. Loin des interrogatoires de juges qui l'ont mis en examen dans l'affaire des chargés de mission de la Ville de Paris. Libre de parler aux journalistes. Sans fiches. Sans «off». Sans langue de bois. Ce qui lui permet de pointer du doigt les «éructations» des «donneurs de leçons» de tous poils. Un classique chiraquien. Ce qui lui permet, aussi, de s'emporter une fois encore, indécrottable tiers-mondiste, drôle de soixante-huitard appliquant depuis des années une espèce de relativisme culturel en matière de droits de l'homme, contre la « fumisterie et la masturbation intellectuelle» des beaux esprits «des salons parisiens». Alors, non, il n'est pas choqué par la visite de Kadhafi à Paris, employant les mêmes arguments que le président libyen : «Est-on si exemplaires que cela en matière de droits de l'homme ?» Il n'est pas choqué non plus par les félicitations adressées par Sarkozy à Poutine. Trouve même «idiot» qu'on lui pose une question sur le sort réservé à l'opposant Garry Kasparov. Il n'a rien à redire non plus sur le discours de Dakar de Sarkozy. Serait-il devenu le principal soutien de son successeur ? Tout de même pas. Il s'astreint à un devoir de réserve. En public. En privé. «Il y a des petites choses qui l'irritent», reconnaît malicieusement François Pinault, complice des bons et des mauvais jours.
Il dit «ma fondation» avec une espèce de jubilation
Mais cette nouvelle liberté, même relative, peut parfois apparaître effrayante, déstabilisante. Ce n'est pas un secret. Après son départ de l'Élysée, l'ex-président a traversé une passe difficile. Une petite phase dépressive. Aujourd'hui, cela va mieux. Il ne sera pas le «simple» retraité promenant son bichon maltais dans les rues de Paris ou de Biarritz. Tout en siégeant au Conseil constitutionnel, il a décidé de s'investir dans «sa» fondation, qui s'appellera Fondation Chirac, tout simplement. Et il dit «ma fondation» avec une espèce de jubilation. Son tour de table, auquel participent notamment Veolia, Schneider, Artemis, la fondation Bettencourt, les laboratoires Pierre Fabre, est bouclé. Ses missions sont définies : aider les pays qui en ont besoin à accéder à l'eau et aux médicaments, tout en défendant l'accès à la culture à travers notamment le maintien des langues traditionnelles. La tournée qu'il a achevée vendredi dernier au Mali (après la Mauritanie et le Sénégal) était en quelque sorte un voyage d'observation, d'exploration. Jacques Chirac fera d'autres voyages. Manière de faire comme si. Encore.
28 mars 2008
Du mouvement en Sarkozie
Nicolas Sarkozy continue de tirer les leçons de son impopularité et de la déroute de la droite aux dernières élections locales.
Tout d'abord, le centre du pouvoir, l'Élysée, a été ré-organisé. Exit les protégés de Cécilia à l'instar de David Martinon. L'accent est mis sur le lien avec les élus et la pédagogie des réformes, avec la création d'un pôle politique dirigé par Catherine Pégard, et une meilleure maîtrise de la communication, placée sous la houlette de Franck Louvrier. Le temps où les conseillers élyséens intervenaient à tort et à travers dans la presse, brouillant la communication gouvernementale, est révolu. Seuls le secrétaire général et le conseiller diplomatique pourront s'exprimer publiquement. Quand aux communications du Président, elles devraient être recentrées sur des sujets régaliens et laissées davantage de place aux ministres.
Ensuite, le style présidentiel, responsable des déboires du Chef de l'État, évolue pour gommer l'image "bling-bling". La Rolex et les Ray-Ban sont au placard et Carla fait beaucoup d'efforts pour tenir son rang dans la sobriété comme on l'a vu au Royaume-Uni. Le Chef de l'État a donc enfin compris que si son électorat souhaitait un Président plus impliqué dans les affaires intérieures, il tenait également à la "hauteur" de la fonction. L'infléchissement du style Sarkozy est déjà perçu par les français, notamment ceux de droite et du centre, d'après un récent sondage. De quoi encourager Sarkozy à poursuivre sur cette voie.
Changement également au gouvernement qui échappe à un remaniement d'ampleur. L'ouverture se fait vers le Nouveau Centre et "même jusqu'aux sarkozystes".
Et puis du mouvement dans l'organigramme du parti majoritaire, dont le rôle ou l'absence de rôle a été très critiqué ces dernières semaines, toutes sensibilités confondues. Nicolas Sarkozy qui reste anticonstitutionnellement (!!) chef de l'UMP a flanqué Patrick Devedjian, secrétaire général, de deux adjoints: NKM, secrétaire d'Etat à l'écologie, et surtout Xavier Bertrand, ministre du travail. Ce dernier, dont l'ambition agace jusqu'à Matignon, va certainement prendre encore davantage d'importance, peut être pour contre-balancer un Premier ministre dont la popularité fait un envieux du côté de l'Élysée. Christian Estrosi qui avait été très critique sur l'UMP "où on ne travaille plus" est nommé délégué général. Tout ce petit monde aura la lourde de tâche de réveiller un parti qui peine à trouver sa place depuis l'élection de son chef.
Ces changements marquent peut être le retour à plus de classicisme dans la gouvernance, ce qui ne peut être qu'un atout pour porter les futures réformes (retraites, État, économie...).
26 mars 2008
Le New York Times appelle Sarkozy à opter pour une dose de discipline
Editorial
‘President Bling-Bling’
President Nicolas Sarkozy’s center-right party got a rebuke from French voters in recent local elections, with leftist parties narrowly beating Mr. Sarkozy’s party and its allies. The opposition Socialists tried to spin this as a rejection of economic reforms, the platform on which Mr. Sarkozy was elected 10 months ago, but they knew as well as everyone else in France that was not the issue.
For one thing, there haven’t been that many reforms that anybody’s noticed. For another, every poll made clear that Mr. Sarkozy was being punished for all the high-profile and unpresidential antics that have earned him the sobriquet “President Bling-Bling.”
For a politician who worked so long and hard to get into the Élysée Palace, Mr. Sarkozy has demonstrated a curious notion of how to behave once there. His stormy divorce and almost immediate remarriage to a glamorous singer-model were only the most sensational of moves that got Sarkozy onto 252 glossy French magazine covers in 2007.
Some are fairly classified as personal business, but some were bad judgment by any measure: when he stalked out of an interview with Lesley Stahl of CBS News while calling his press spokesman an “imbecile,” or his crude crack at a guy who refused to shake hands with him at the Paris farm show, which became an instant Internet hit. Such tidbits of sensation have been coupled with badly garbled messages from Mr. Sarkozy’s administration, with the president or his aides often talking and acting at cross-purposes to the ministers. Mr. Sarkozy proposed in February that fifth-graders research individual French children killed in the Holocaust, a peculiar foray into classroom issues that caught his government by surprise and was soon scrapped.
With luck, the election rebuff will be just what Mr. Sarkozy needs to refocus his boundless energy on what he promised: serious economic reforms. He has said he would “draw conclusions” from the local vote, and Élysée officials are taking steps to “represidentialize” the president. Mr. Sarkozy is far too ebullient to be turned into a clone of his staid and pompous predecessors, but when a politician’s behavior gets in the way of his mission, it’s time for a dose of discipline.
Pour la partie en gras c'est indépendant de ma volonté.
20 mars 2008
Le bon choix de la stabilité gouvernementale
Je commençais à m'inquiéter quand, il y a quelques semaines, les rumeurs annonçaient un remaniement ministériel de grande ampleur. Nous allions tirer des conclusions nationales d'un scrutin aux enjeux locaux et surtout nous allions poursuivre le jeu de la valse des ministres. Vous savez cette habitude bien française qui consiste à faire jouer les politiques au jeux de la chaise musicale gouvernementale. Un ministre a tout juste le temps de faire une réformette qu'il est éjecté ou change de maroquin. Un passage express qui n'incite pas au travail en profondeur "puisque ce sont les suivants qui subiront les conséquences de ma politique, autant faire bonne impression pendant que je suis là, et après moi le déluge !". Par ailleurs, il est difficile pour le pouvoir politique de s'affirmer face à de puissantes administrations, comme celle de Bercy ou de l'Education nationale, quand en 5 ans se succèdent 3 ou 4 ministres. Même problème sur la scène internationale et notamment au Conseil des ministres de l'Union européenne. Comment en 2006 Thierry Breton pouvait peser au Conseil EcoFin en étant le 4ème ministre de l'Economie depuis 2002 face à un Gordon Brown titulaire du même portefeuille depuis 1997?
Je me réjouis ainsi de la décision de Sarkozy et Fillon d'attendre 2009 et surtout la fin de la présidence française de l'UE pour éventuellement remanier. Ils étoffent un peu le gouvernement qui n'est plus si resserré et où le pourcentage de femmes diminue. Mais un coup d'arrêt est mis à l'ouverture à gauche, ce qui n'est pas pour me déplaire vu les deux noms qui circulaient (Lang et Allègre). En s'appuyant sur des UMP et NC, on évitera la cacophonie et la contradiction entre ministres.
Par ailleurs, Nicolas Sarkozy semble avoir entendu les critiques de la majorité sur la communication élyséenne. Ainsi, terminé la conférence de presse quotidienne de David Martinon et le parasitage de la communication gouvernementale par celle des conseillers du Président. Tant mieux. Sarkozy réussira t-il également à redonner un peu de sobriété au style présidentiel? Ce sera plus dur. Il s'y est employé depuis fin janvier mais ses efforts ont été anéantis par son fameux "casse-toi, pauvre con!"...le naturel revient au galop.
23 février 2008
La "classe" présidentielle
22 février 2008
Edouard Balladur conseille à Nicolas Sarkozy d’«infléchir son style»
L'ancien Premier ministre Edouard Balladur s’improvise nouveau conseiller du Président. «En 2008, il faut accentuer les réformes, sans se préoccuper des sondages d'opinion», écrit Edouard Balladur dans une tribune publiée dans le journal Le Monde daté de samedi.
«Reste à adapter la méthode et le style», «En premier lieu, un effort de cohérence est indispensable: les membres du gouvernement doivent se montrer plus solidaires, un terme doit être mis aux bavardages indiscrets qui nuisent à son image». «Tous ceux qui ne sont ni des élus ni des membres du gouvernement doivent s'astreindre à une plus grande réserve», estime l’ex-Premier ministre, alors que les interventions dans les médias des conseillers du président sont de plus en plus contestées.
Edouard Balladur veut croire que Nicolas Sarkozy «saura infléchir son style, tout en conservant son originalité». «La sincérité n'est pas exclusive d'une certaine sobriété, la rapidité de la décision n'interdit pas la concertation préalable. Il n'est pas non plus indispensable (...) de créer tous les jours un événement», juge-t-il. L’intéressé appréciera.
Source : Liberation.fr
Même son 2nd mentor s'y met....
11 février 2008
La présidence "bling-bling" sanctionnée par les sondages
Les récentes visites de terrain n'y font rien, Nicolas Sarkozy continue de dévisser dans les enquêtes d'opinion. D'après CSA, le chef de l'Etat ne recueille plus que 47% d'opinions favorables, en baisse de 5 points par rapport à janvier et de 13 points par rapport à décembre. Du côté d'Ipsos, c'est la descente aux enfers. Le Président perd 10 points en un mois et ne recueille plus que 39% d'opinions favorables. S'il conserve la fidélité des sympathisants de droite, les centristes et une partie de la gauche qu'il était parvenu à séduire ne lui font désormais plus confiance.
En réalité, Sarkozy avait prévu depuis longtemps cette baisse. C'est pourquoi il avait essayé de peser quand il était place Beauvau pour que les élections municipales se tiennent dans la foulée des présidentielles. Mais pour lui cette impopularité serait due aux réformes engagées. Pour atténuer celà, il fallait pensait-il occuper l'espace médiatique et donner une image plus moderne de la présidence. En fait, c'est l'inverse qui se produit. Les réformes passent plutôt bien et le style Sarko coince de plus en plus. Pour s'en convaincre, il suffit de jetter un oeil sur la côte de popularité du Premier ministre. Sous la Vème République, elle est souvent correllée à celle du Président et plus basse. Or, même si la côte de François Fillon s'est tassée depuis mai dernier, elle demeure plus haute que celle de Sarkozy et remonte même ce mois ci pour s'établir à 47% (+5 points) d'après CSA et 52% (+7points) chez Ipsos, soit 13 points d'écarts avec Sarkozy.
Je pense qu'on peut aisément conclure de celà que la sobriété de François Fillon est récompensée car il donne le sentiment d'être pleinement à sa tâche. A l'inverse, Sarkozy paie cher ses vacances de luxe et l'étalement volontaire de sa vie privée dans les magazine peoples. Un temps amusés par ce Président décontracté, dynamique, volontiers joueur avec les journalistes, les français en ont maintenant assez du style cow-boy-yacht-Rolex-Ray Ban-Cécilia-Carla et attendent du concret comme une amélioration du pouvoir d'achat. Une éxigence plus difficile à satisfaire qu'un beau cliché pour Paris-Match ! Le pire pour Sarkozy est que la pente va être très dure à remonter car à présent ses efforts pour se remettre dans le bain (visite chez Arcelor, discours sur l'Europe) vont à chaque fois être taxés de plans médias et perçus comme insincères. Enfin...du moment que les réformes continuent c'est, de mon point de vue, le principal !
15 janvier 2008
MAM est de retour pour renforcer la sécurité dans les quartiers.
Les premiers pas de Michèle Alliot-Marie au ministère de l'Intérieur tranchent par leur discrétion avec ceux de Nicolas Sarkozy en 2002. Etant cantonnée aux chiens méchants et aux accidents de manèges et rallyes auto, MAM n'a réussi à se faire entendre que lors de son voyage dans les DOM-TOM et lors d'un récent attentat en Corse.
Mais voila qu'elle apporte sa pierre à l'édifice réformateur du Gouvernement Fillon. Ayant pour mission d'intensifier la baisse de la délinquance, elle s'attaque à son noyau dur, la violence dans les banlieues.
A cet occasion, elle a annoncé lors d'un déplacement en Seine St Denis la création "d'unités territoriales de quartier". Composées de policiers volontaires ayant au moins 2 ans d'expérience, ces équipes seront rattachées à une zone géographique déterminée. L'objectif est de rétablir un minimum de confiance entre la police et les habitants des quartiers qui n'avaient pas appréciés qu'on leur envoie les CRS pour maintenir l'ordre. De nombreux rapports, dont un du préfet du 93, avaient mis en garde sur le danger pour l'ordre public des relations actuellement explosives entre police et jeunes. La ministre de l'Intérieur, suivi du Premier ministre, ont insisté sur le fait qu'il ne s'agissait pas de la renaissance de la police de proximité des années Jospin. Sarkozy l'avait supprimé dès son arrivée Place Bauveau en indiquant fermement que le métier des policiers n'étaient pas de jouer au basket avec les jeunes. MAM souhaite une "police proche des gens", "visible et dissuasive", mais qui devra procéder à des "des contrôles d'identité, l'identification et l'interpellation des auteurs d'infraction". Cette police sera testé principalement dans le 93 et est plutot bien accueillie par les élux locaux de tout bords.
En outre, un concours régionalisé propre à l'Ile de France verra le jour. Les gardiens de la paix qui en seront issus resteront 8 à 10 ans dans la même région avec une durée minimale d'affectation dans le département de leur 1er poste.
De plus, il sera créé une compagnie de sécurisation de 100 policiers spécialement formés aux violences urbaines.
On peut se réjouir de cette approche pragmatique et équilibrée : volonté de rapprocher police et population sans pour autant tomber dans le "policier copain". Ainsi, chacun sera à sa place : police, associations, services éducatifs et d'animation...etc. Le volet social des mesures spécifiques aux quartiers, tout aussi nécessaires que celles sur la sécurité, sera annoncé en février par Fadela Amara.


